La Normandie, terre de photographes, de 1839 à nos jours

La Normandie, après l’Île-de-France, est une région pionnière pour la diffusion de la photographie depuis l’invention des premiers daguerréotypes et calotypes. Plusieurs Normands ont fait partie des fondateurs de la Société française de photographie dès 1854 ; la plupart des grands photographes français ont photographié ses sites ; et c’est à Caen, en 1961, que l’Elbeuvien Bernard Perrine (futur cofondateur et directeur des Rencontres d’Arles) a organisé la première exposition internationale d’art photographique en France, avec Man Ray, Brassaï et bien d’autres…

Réservée au début à quelques-uns, la pratique de la photographie va se démocratiser progressivement grâce aux progrès des techniques, mais aussi à la multiplication de clubs-photos dans chaque ville normande. C’est cette histoire qui nous est contée dans ce dossier spécial d’Études normandes qui couvre plus de cent quatre-vingts ans de développements photographiques.

L’apparition du numérique, à la fin du xxe siècle, constitue l’étape la plus importante de ces développements. Nous vivons, depuis la fin de l’argentique, une sorte d’âge d’or de la photographie, en Normandie comme partout dans le monde.

La photo est désormais partout, au bout de notre main, avec ces smartphones qui rythment notre vie, avec sa présence envahissante sur les réseaux sociaux, de Facebook à Instagram. On n’a jamais autant photographié. Ceci a entraîné la multiplication des expositions dans toutes les communes, des clubs-photos et même des revues et sites internet réservés à ce médium devenu le plus populaire de tous.

Mais la photographie, ce sont aussi des métiers, et il n’y a point d’âge d’or pour eux, bien au contraire ! Le numérique leur a fait mal : hémorragie des boutiques et studios de photographes, diminution du nombre de reporters professionnels, fermetures des agences photos, baisse du prix des images, pratique de la copie sauvage sans droits sur les réseaux sociaux…

Heureusement, tout n’est pas aussi noir dans les multiples domaines utilisateurs de la photographie, et nous terminerons ce dossier avec quelques exemples normands plus positifs : de la réussite professionnelle de certains grâce à Instagram à la publication facile de ses photos sur le Net, sans oublier l’exposition de photos toujours plus grandes sur les murs de nos communes et les vrais plaisirs d’un retour vers l’argentique ou l’apprentissage de techniques plus anciennes.

La photo a encore de belles années à vivre, même si elle change de nature, de plus en plus « augmentée » avec l’utilisation de certains logiciels, et tend vers la vidéo avec les nouveaux appareils hybrides qui envahissent le marché.

Guy PESSIOT, historien de la photographie à Rouen,
collectionneur de photos anciennes et ancien éditeur

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