Édito

La Normandie et l’Angleterre

En mars 2017, l’association Études normandes, en partenariat étroit avec OREP Éditions, lançait une nouvelle formule de notre vieille revue, née à Rouen en 1951. Elle se voulait plus attractive, mieux mise en pages, mieux illustrée, plus lisible, plus normande dans sa globalité, sans sacrifier la qualité des contenus. Quatre numéros plus tard, on peut dire que le pari – car cela en était un – a été réussi. La diffusion de la revue a amorcé une forte progression. Nos lecteurs ont été séduits par cette nouvelle présentation et par la variété des thèmes abordés (environnement, économie, histoire, etc.). Conformément à notre démarche éditoriale, les auteurs de nos articles ont été aussi bien des universitaires de Rouen, Caen ou du Havre que des « experts » des parcs naturels régionaux, des ports, de la filière énergétique. Grâce au réseau de distribution d’OREP, Études normandes est présente dans de nombreux points de vente en Normandie : librairies, principales maisons de la presse, boutiques de musées. Rappelons aussi qu’il est possible à tout moment d’acheter un numéro en ligne ou de s’abonner sur le site internet www.etudesnormandes.fr.

En 2018, le soutien du conseil régional de Normandie nous reste acquis et nous l’en remercions vivement. Tous les lycées et centres de formation d’apprentis (CFA) continueront de recevoir gratuitement Études normandes. Le partenariat avec la fondation Flaubert, émanation de l’université de Rouen-Normandie, se poursuivra également. Enfin, nous continuerons de nous faire l’écho de certains rapports du Conseil économique, social et environnemental régional (CESER), souvent de grande qualité mais encore trop peu connus du grand public.

Ce premier numéro 2018 propose un dossier intitulé « Humour à la normande : rire et sourire autour de six artistes » qui a été coordonné par Pierre-Albert Castanet, professeur de musicologie à l’université de Rouen où il dirige le département des métiers de la culture. Le point de départ de ce dossier, c’est la célébration en 2018 du 50e ­anniversaire de la disparition du Rouennais Marcel Duchamp, internationalement reconnu par de nombreux historiens d’art comme l’artiste le plus important du xxe siècle. Autour de lui, Pierre-Albert Castanet a rassemblé cinq autres figures, ­depuis le célèbre écrivain Guy de Maupassant jusqu’au discret, « insolent et inclassable » Pierre Bettencourt, frère d’André Bettencourt, homme politique connu, longtemps député puis sénateur de Seine-Maritime. Nous avons dû laisser de côté des figures plus contemporaines comme celles de Bourvil, de François Morel ou de Valérie Lemercier, mais nous y reviendrons sans doute un jour...

Bonne lecture !

Gérard GRANIER, président d’Études normandes

Edito

Le cidre : divin nectar ou horrible piquette ? P’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non… L’histoire du cidre a été aussi improbable que chaotique. L’heure de son coup de grâce semblait sonnée après la Seconde Guerre mondiale. L’exode rural, l’arrachage des pommiers, la périurbanisation, les vergers abandonnés et les tempêtes semblaient ligués pour le voir disparaître.
Quand tout semblait perdu, les Normands ont retroussé leurs manches. Les cidreries industrielles ont sauvegardé la production. Les syndicats de producteurs, les défenseurs du patrimoine, les parcs naturels régionaux, les producteurs fermiers ont travaillé, chacun à leur niveau, pour sauvegarder la filière, replanter, élaborer des produits de qualité, reconquérir les consommateurs. Disparues des rayons de la grande distribution, les bouteilles de cidre y sont à nouveau à l’honneur.
Qu’on se le dise : aujourd’hui le cidre n’a jamais été aussi bon ! Techniquement, il a fait sa révolution comme le vin quarante ans auparavant. Rares sont les restaurants qui ne proposent pas de cidre sur leur carte. Pour autant, le cidre est-il toujours à la mode ? Jamais on ne voit de jeunes en déguster à la terrasse d’un café, contrairement aux bières et aux sodas.
Le calvados a subi, comme tous les alcools traditionnels, un opprobre que n’ont pas connu les whiskies. Loin pourtant la consommation excessive de « goutte » des ouvriers agricoles ou d’usine. En entrant dans la fabrication de cocktails et surtout en réussissant une percée à l’exportation, le calvados a finalement échappé à une disparition que seuls les produits haut de gamme n’auraient pas enrayée.
Le cidre a-t-il finalement résisté à l’image dégradée héritée de son passé ? Au sein de la profession agricole, les cidriers ne sont plus nombreux et les plus anciens jugent encore cette production comme annexe. A contrario, des jeunes ont trouvé l’occasion de s’installer et de développer des produits « bio » dans l’air du temps. Dans une économie régionale tirée par les réseaux numériques et les hautes technologies, la filière cidricole ne pèse pas lourd et les petits producteurs, porteurs de l’excellence, redoutent sa fragilité. On aurait pourtant tort de négliger un produit élevé en symbole car l’attractivité touristique de la Normandie passe aussi par la renommée de ses paysages. Et des vaches normandes pâturant sous des pommiers en fleurs ou chargés de fruits vermeils… Une tradition au cœur de la modernité : un dossier à lire sans modération.

 

Jérôme CHAïB, consultant environnement, patrimoine et tourisme

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Cidre et calvados : un patrmoine normand ?